Une industrie nationale du jouet, s'est développée récemment
aux États -Unis, par suite surtout de la suppression de l'importation,
des jouets allemands. Le Génie civil donne, à ce sujet,
d'intéressants détails, d'après une publication
de M. Nicholas Heyman.
Cette nouvelle industrie nationale américaine
est devenue tout de suite florissante et, dès 1919
, elle comptait 2 000 fabricants , alors qu'avant
la guerre, il n'en existait que quelques-uns. L'industrie du jouet
américain reçut de tels encouragements que les capitaux
ne lui firent pas défaut et qu'elle put créer un personnel,
un outillage et des méthodes de production tout à fait
remarquables.
La plus grosse difficulté qu'on éprouva fut la rareté
de la main-d'oeuvre disponible. On fit surtout appel, au début,
à de simples exécutants, capables cependant de réduire
à une faible échelle des objets courants qui devaient
prendre la forme et les dimensions de jouets, et qu'un mécanicien
ou un électricien dotait ensuite du mouvement et de la vie
nécessaires, tandis qu'un artiste leur donnait des couleurs
attrayantes.
Le travail du bois fut une des premières préoccupations
des industriels qui se spécialisèrent dans la fabrication
des jouets. L'auteur indique comment il fut procédé,
à la création de plusieurs séries de jouets inspirés
des modèles bien connus de voitures automobiles.
Aujourd'hui, cette fabrication est standardisée et les travaux
qu'elle comporte sont répartis entre plusieurs services, organisés
avec le même soin que ceux d'une grande usine de construction.
L'emballage est fait avec ingéniosité, dans un département
qui est sans cesse à la recherche de perfectionnements pouvant
profiter à la diffusion du jouet américain et à
l'industrie qui en a entrepris la construction : c'est une concurrence
sérieuse à l'industrie allemande, et après avoir
substitué ses spécialités à celles de
l'Allemagne pour satisfaire la demande des États-Unis, bientôt
ce pays ne se contentera plus de se suffire à lui-même,
et il entreprendra l'exportation.